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L’anti-aventurière

On part trois mois en voilier le long des côtes françaises cet été. Je vous raconte dans cette rubrique ce voyage.

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Je pars cet été faire le tour de la façade atlantique en voilier. Enfin plutôt, nous partons ce détail aura son importance plus tard dans le récit. 

Ce n’était pourtant pas évident de prime abord que je me lance dans une telle entreprise. 

Je n’ai pas vraiment d’expérience de navigation, hormis un stage de catamaran pour me prouver que je peux m’attaquer à des pratiques sportives qui impressionnent les touristes languis sur les plages et qui m’a finalement rappelé que j’aurais mieux fait de rester sur ma serviette à me retourner toutes les 15 minutes pour avoir un bronzage faussement homogène. Au-delà d’une chute mémorable alors qu’on m’avait garanti que non non c’est impossible de se renverser en cata quand tu es en rappel dessus, j’ai gardé de cette semaine de stage une certaine peur de ces objets plus grands que moi qu’il faut manoeuvrer avec des cordes. 

Je n’ai pas non plus beaucoup d’expérience de camping ou bivouac et donc pas d’accoutumance à la vie sans confort. A part peut-être une nuit en tente à côté de la forêt de Fontainebleau dans le cadre d’un raid étudiant où il n’y avait qu’un WC pour les 300 jeunes sportifs au transit accéléré.

Je ne suis pas non plus dans une quête de dépassement de soi, enfin de moi-même. Je me suis lancée une fois le défi de grimper le mont Ventoux à vélo (presque) uniquement parce qu’on avait mis en doute lors d’un dîner d’été la capacité de mes cuisses à monter les 2400 mètres. Ce chaud matin d’août, c’est la fierté (l’orgueil ?) plus le goût de l’effort qui m’a traîné en haut du mont chauve, pendant que ma mère faisait la voiture balais sur les dernières centaines de mètres. Remonte dans le SUV familial, on dira que tu es arrivée au bout.  

Je suis finalement assez inadaptée à l’aventure. Je trempe un orteil dans l’inconfort en espérant que cela ne me décoiffe pas trop. Une exploratrice en pull Sézane. Une campeuse en mobil-home. Une anti-aventurière, en fait. 

Mais que diable m’a dit-il pris de me lancer dans un défi qui consiste à vivre pendant 3 mois dans un espace habitable grand comme 3 serviettes de plage collées, avec supplément mal de mer ? 

A vrai dire, je n’ai pas encore établi de réponse. L’inconscience, peut-être. La volonté de faire preuve d’un côté aventurier que je n’ai que moyennement, sûrement.

Il y a un dessein derrière ce voyage : on veut aller documenter l’adaptation du littoral à la nouvelle donne climatique et environnementale. Sans ce projet, il n’y aurait pas eu de voyage en voilier. Mais la réciproque n’est pas vraie. On aurait pu choisir une option qui n’implique pas de gober 3 ou 4 comprimés de Mercalm par jour pour tourner notre série, mais c’est quand même celle-ci qu’on a retenue.

Si le pourquoi n’est pas clair, le comment l’est plus.

Avec qui ? Eh oui, j’ai dit “on” sur le dernier paragraphe. C’est sans doute ici que se trouve une partie de la réponse au mystère. Évidemment qu’il y a sans doute un peu la volonté d’impressionner quelqu’un derrière. La perspective de vivre ces instants à deux, avoir un témoin à ces micro exploits, partager les bons moments et le stress de savoir si on a bien fermé le gaz. Il se pourrait que c’était cette même personne qui était avec moi sur le catamaran, au raid en forêt et en vélo sur le mont Ventoux. Le dénominateur commun de ces souvenirs en t-shirts transpirants. On reprend les mêmes et on recommence. 

Combien de temps ? Pas indéfiniment. C’était une condition du départ : il y aura un retour. Ce projet a été pensé comme une parenthèse dans nos vies parisiennes allegretto. Un pas de côté pour ralentir, prendre le temps de se renseigner sur un sujet qui nous passionne autant qu’il nous inquiète, l’adaptation au changement climatique, et vivre une expérience. 

Où ? En France. Notre conviction c’est qu’on peut vivre une aventure hors du commun, sans aller à l’autre du monde. L’euphorie des préparatifs peut se vivre pour un voyage à domicile. On peut connaître l’extraordinaire dans un pays dans lequel on a vécu toute sa vie. 

C’est ainsi qu’on a décidé de se lancer dans ce projet de rejoindre le nord de la France au bassin d’Arcachon en voilier, avec le projet de faire un documentaire sur l’adaptation de notre littoral face au changement climatique. Dans cette série de récit de voyage, je vous raconterai les aventures et mésaventures, les navigations et leurs effets sur mon estomac, les couchers de soleil sur l’eau et la vie à bord avec le strict essentiel. Et un ou deux pulls Sézane, faut pas déconner.

Cet article est le premier récit de voyage sur notre aventure du nord au sud de la France en voilier. Cette expédition donnera lieu à une série documentaire sur l’adaptation du littoral face à la nouvelle donne climatique et environnementale. Pour en savoir plus, rendez-vous sur Instagram @nouvellescartes. 

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À très vite, 

Clara

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